Sidali DE SAINT-JURS

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lundi 23 février 2015

LES SECRETS DE LA MALÉDICTION DE ROQUEVAIRE

Extrait Chapitre 27 Les veilleurs de l’aube :

Le Cœur du Centre est une oreille à qui sait écouter. Les sons, les murmures et les chuchotements de la vallée viennent y résonner en masse.

Les mots se croisent, s’entrechoquent, ricochent sur les murs, s’écrasent au sol, se blottissent dans un coin, nous tendent la main, se perdent et se noient quelquefois dans la fontaine, lorsqu’elle ne parle plus.

Notre Dame

L’eau devenue silencieuse s’étire alors en un filet lisse et tendu, Corde d’Argent du bec verseur au bassin, reliant le haut et le bas, le corps et l’esprit.

C’est lorsque la fontaine se tait et à cette occasion seulement que l’on entend distinctement résonner des pas dans la rue Brégançon. Pas accompagnés du martèlement régulier d’une canne en bois.

LES SECRETS DE LA MALÉDICTION DE ROQUEVAIRE

Extrait Chapitre 26 la tente du rendez-vous :

Cet endroit a été jusque dans les années 80 la propriété de Louis Pudent qui nous régalait de son pain sorti tout chaud du vieux fournil.

Si j’ai souhaité conserver ce four intact c’est parce qu’à l’âge de treize ans j’ai perdu mon père, tué dans un accident de voiture. Veuve et avec une ribambelle de gamins, notre mère faisait de son mieux pour nous élever et nous alimenter.

brégançon

Un jour, un inconnu est venu voir Loule et lui a payé mille pains d’avance pour notre famille ; un an de pain. J’ai appris, il y a pas mal de temps qui était cet homme et ce qu’il faisait pour les autres. Voilà pourquoi j’ai souhaité conserver en l’état ce vieux four”.

LES SECRETS DE LA MALÉDICTION DE ROQUEVAIRE

Extrait Chapitre 25 Penser globalement agir localement :

À la nuit tombée, après que boutiques et cafés aient fermé un à un, discrètement, ils se dirigent vers l’impasse de la Glacière. Là, ils franchissent une basse porte après y avoir frappé et montré patte blanche.

Ils s’assemblent en ce lieu sûr et sacré comme l’ont fait leurs aieux et comme d’autres le feront après eux.
L’espace était jadis un moulin à huile où la meule est devenue Autel, les poteaux du pressoir deux colonnes, les tonneaux des sièges et les scourtins à olives des coussins. Les lumières du plafond s’estompent pour laisser place à des lanternes disposées sur les côtés.
Soudain, un roulement sourd fait trembler l’habitation. De la poussière ruisselle entre les joints, un pan de mur recule, quatre hommes forts finissent d’ouvrir la lourde porte en pierre. Ils franchissent sans mot dire le seuil du sanctuaire.

manaux

LES SECRETS DE LA MALÉDICTION DE ROQUEVAIRE

Extrait Chapitre 24 Car elles dévorent les astres et la nuit :

La Dame au couchant se dessine au pied du Garlaban. Les yeux éclaboussés de soleil et la tête encombrée de questions l’enquêteur s’en retourne chez lui. Peu après s’être garé à cheval sur le trottoir devant le 7 de la rue des Abeilles, Doug s’extrait du grand véhicule… Pour voir le soleil dans ton cœur, ferme les yeux à l’illusion de la forme et ouvre-les à la lumière de l’esprit.

esprit

LES SECRETS DE LA MALÉDICTION DE ROQUEVAIRE

Extrait Chapitre 23 Elle surgit de l’oubli :

Dans une vallée située à mi-chemin entre mer et montagne, vit, dit-on, une demoiselle d’une rare beauté. Ce qui fait son charme, c’est la couleur de ses yeux en forme d’amande, l’un vert et l’autre bleu. Intenses et lumineux, ils scintillent au levant et flamboient au couchant. Plus étrange encore, une marque de naissance rouge, entre ses sourcils, semblable à un sceau, apposé là par je ne sais quel chamane ou autre dévot, coquelicot que dissimule une frange. Témoin indélébile, s’il en est, de sa propre nature.

Ses longs cheveux ondulés, mi-bruns, mi-blonds, se parent de fleurs au printemps, de blé en été, de fruits ronds en automne et de coulées de lumière en hiver.
Au matin, comme à la sortie d’un bain, la rosée dessine sur sa peau luisante de délicats mouchetis qu’un vent filou effleure, sous l’azur. Corps enchanteur finement sculpté par monts et vallons et qui fleure bon garrigue et terre labourée. Pour séduire, nul besoin d’artifice, elle se contentait d’être ce qu’elle était, elle-même.

baou

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